Cap D’Espoir (Gaspésie)

Cap d-Espoir - Anse a BeaufilsL’HISTOIRE D’UNE PAROISSE … CAP-D’ESPOIR

 

 

LE NOM   Jacques Cartier L’avait d’abord baptisé Cap-D’Espérance. On en fit par la suite le lugubre Cap d’Espoir (les anglais prononcaient Cap Despair). Mais pourquoi passer de L’espérance au désespoir?…

C’est également ce nom que porte le décret canonique signé le 24 mars 1860 érigeant la paroisse Saint-Joseph du Cap Désespoir. Cartier avait pourtant parlé d’espérance… On réussit à retrouver L’espoir en usage du trait d’union… et on eut Cap-des-Espoirs. Le Cap-d’Espoir d’aujourd’hui en fut la suite naturelle et logique. Aussi, en 1857, un missionnaire de Percé parlait de la mission de L’Anse-du-Cap. Ce nom demeure (même si on a voulu en faire Cape Cove).

CHAPELLE DE LA PETITE-RIVIÈRE   La petite chapelle fut construite entre août 1824 et septembre 1831, puisque, à cette date, Father J. B. McMahon rapporte que « la Petite-Rivière est de Percé quatre lieues et demie, y se trouve une chapelle neuve. La population monte à soixante-six âmes toutes catholiques qui, comme à Percé, parlent les deux langues et ont rempli les devoirs de la religion ».

Elle fut la première où se réunirent les habitants de L’Anse-du-Cap pour remplir leurs devoirs religieux. Elle était attrayante. La mission de la Petite Rivière, où il y a à peu près une trentaine de familles, qui sont d’un grand zèle pour orner leur petite chapelle, qui a de jolis ornements (rapport du 16 décembre 1850). Comme on peut voir, C’est une tradition pour les fidèles du Cap-D’Espoir de prier dans de la beauté.

CHAPELLE DE L’ANSE DU CAP   Mais, dès 1850, la chapelle est trop petite; durant L’été, un grand nombre est obligé de demeurer à L’extérieur. Une demande fut donc faite afin de construire une nouvelle chapelle.

Mais la nouvelle chapelle sera construite à L’Anse du Cap plutôt qu’à la Petite Rivière. Les gens sont à trois lieues de Percé… très peu ont des voitures. La nouvelle chapelle de L’Anse du Cap aura donc les dimensions suivantes: 60′ X 30′. Elle devait être bâtie sur la terre donnée par un paroissien du Cap. La mission du Cap s’étend donc, dans la Petite-Rivière, jusqu’au Sieur Daniel Lelièvre exclusivement (qui demeurait près de la chapelle). L’Anse-à-Beaufils était aussi rattachée à la mission du Cap.

Les travaux de la chapelle du Cap-d’Espoir étaient en cours en août 1855. La chapelle fut achevée en 1858.

ÉGLISE DU CAP-D’ESPOIR   En 1880, il était question de construire une nouvelle église. La petite chapelle était irréparable, le clocher était sur le point de tomber, la pluie et la neige entraient à L’intérieur par tous les endroits du lambris.

Il fut tout de même décidé de faire réparer la chapelle existante… même si elle tombait en ruines.

Les travaux de la nouvelle église débutèrent donc en 1893. Mais les plans ne furent pas approuvés par L’évêque.

De nouveaux travaux de prolongèrent sur deux ans… en 1895 et 1896. Le presbytère fut donc construit en 1905. La bénédiction de L’église se fit en 1905.

Les travaux de parachèvement furent complétés en 1911 et 1912. L’entrepreneur et ses ouvriers y réussirent une oeuvre d’une valeur exceptionnelle. L’intérieur de L’église de Cap-D’Espoir est sans contredit une oeuvre d’art qui charme le regard. Le peuple de Cap-d’Espoir est certes privilégié de pouvoir prier dans de la beauté.

L’ABBÉ ANTOINE POIRIER   Comment ne pas rappeler ici le souvenir de monsieur Antoine Poirier, curé de Cap d’Espoir pendant 28 ans, qui fonda Val d’Espoir et donna son vicaire, monsieur Albert E. St Laurent, comme premier curé de cette nouvelle paroisse. Val-d’Espoir connut une grande expansion. Monsieur Poirier, qu’on appelait toujours le père Poirier, homme d’une stature impressionnante, très fort au physique, saint homme du reste, n’avait eu qu’une seule cure, Cap d’Espoir.

Monsieur Poirier était un terrien de race, il aimait la terre de chez nous, il en parlait avec tant de chaleur et d’enthousiasme à ses paroissiens, que Cap d’Espoir a été, et de loin, la paroisse la plus agricole de tout le comté de Gaspé. C’est lui qui encouragea la culture des pois verts sur une très haute échelle, culture qui a fait fureur pour des années et des années. On expédiait ces pois par wagons de chemin de fer vers les marchés de Montréal et d’ailleurs. Mais monsieur Poirier ne négligeait pas son ministère pour autant. Homme de prière et de fidélité, toujours au poste, se dévouant corps et âme, au service de ses ouailles, il a laissé un souvenir impérissable à Cap d’Espoir.

Le plus original de tous les curés de son temps, monsieur Eugène Martin, curé de Percé, taquinait monsieur Poirier pour la culture de ses pois, lui disant: « On n’a pas de pois à Percé, mais on a le chef-lieu et le rocher: on reçoit des milliers de visiteurs chaque année, qui viennent admirer nos beautés; ces gens là ne s’arrêtent pas à Cap d’Espoir ». Monsieur Poirier, un peu vexé, lui répondait: « Je crois bien que C’est par respect pour le chef-lieu et le rocher que le chemin de fer passe à 5 milles de chez vous ». Ils se taquinaient mais restaient de bons amis.

L’abbé Antoine Poirier mourut à Cap d’Espoir en 1934.

LA TRISTE FIN DE L’ÉGLISE DE CAP-D’ESPOIR   L’église du village inaugurée en 1896, un joyau d’architecture, fut complètement détruite par le feu en 1994.

L’église de Cap-d’Espoir était la plus belle de la Gaspésie, mais aussi une des plus belles au Québec. Cette église pouvait accueillir 700 personnes. Elle était très simple à L’extérieur mais C’est l’intérieur qui était fabuleux. Tout était de bois sculpté, ouvragé. Les détails étaient d’une richesse incomparable. Les sculptures et les peintures étaient magnifiques. L’église abritait également un petit musée d’objets sacerdotaux.

Cap d-Espoir

Carte postale représentant l’église de Cap d’Espoir. Au-dessus de la porte principale, une plaque indique l’année de construction: 1896. À l’avant-plan, on aperçoit les clôtures servant à attacher les chevaux durant la messe.
Source: Musée de la Gaspésie. Fonds Les Augustines de la miséricorde de Jésus du monastère de Gaspé .

 

 

 

 

 

Publié par Mireille de Garie

Courriel :   minireille.wordpress@gmail.com

www.genealogieminireille.wordpress.com

Si vous le désirez, vous pouvez me faire parvenir vos textes, documents ou photos à mon adresse courriel… et j’ajouterai le tout au site internet….  Merci de votre collaboration.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s