Histoire de Guernesey

GUERNESEY …  L’ARCHIPEL DES ÎLES ANGLO-NORMANDES

 Mon premier est un bouquet de fleurs, mon second un livre ouvert, mon troisième un souvenir , mon quatrième un paradis pour les oiseaux, mon tout un chapelet d’îles à quelques pas de Saint-Malo (France).  De qui s’agit-il?  Guernesey, Jersey, Serq, Aurigny, Jethou et Herm, un archipel entre ciel et mer, une cascade de jardins posée sur les flots.

Presque anglaises, mais un peu françaises, elles possèdent un caractère unique qui est aussi le secret de leur irrésistible charme.

COUP DE COEUR POUR GUERNESEY

La douceur de son climat et un taux d’ensoleillement important font de Guernesey une île où la floraison est d’une richesse exceptionnelle.  Accroché aux collines qui dominent la mer, St-Peter Port apparaît, majestueux et coloré.  Façades régence ou victorienne, ruelles escarpées, escaliers de granit serpentant entre les maisons et si le temps semble s’être arrêté, C’est pour mieux conquérir l’avenir.

GÉOGRAPHIE

Le Duc de Richmond visita l’île en 1785.  C’est grâce à lui qu’en 1787 fut produite la carte de Guernesey, premier plan précis de l’île à l’échelle.

L’Île de Guernesey fait partie d’un groupe d’îles qui, connues sous le nom d’îles Anglo-Normandes, se trouvent au large des côtes Normandes.  Le tour de l’île de Guernesey, par la route, fait quarante-cinq kilomètres, et sa ligne côtière environ soixante-quinze kilomètres de baies sablonneuses, de criques, de falaises escarpées, de ports de pêche et de longues plages de sable ou de galets.

L’HOMME PRIMITIF

L’histoire ancienne de Guernesey remonte donc à environ 7000 ans.   L’homme primitif chassait et cueillait, menant une vie de nomades recherchant le petit gibier et pêchant le long des côtes.

De la poterie datant d’environ 4500 ans Avant Jésus-Christ a été retrouvée. Les premiers monuments de pierre découverts, on y trouva un tombeau ouvert et une chambre.

Plusieurs gisements datant de l’Âge de Fer comprenaient une série de huttes circulaires, accompagnés de chemins bordés de double caniveaux, de fossés longeant les limites du campement, de ravins, de fosses et de trous.  La poterie que l’on a retirée du gisement comprenait un assortiment d’ustensiles locaux assez grossiers, et qui étaient utilisés simultanément avec des articles importés de style Romain plus délicat.  Le gisement a été utilisé approximativement entre les années 50 Avant Jésus-Christ et 200 ans Après Jésus-Christ.

Des amphores datant du 1er siècle Après Jésus-Christ ont également été découvertes dans deux des gisements de la fin de l’Âge du Fer, ce qui indiquerait un commerce maritime avec l’Espagne et la Méditerranée durant cette période.

D’autres monuments à Guernesey datent de 2000 ans.  Fermiers sachant cultiver et moudre le blé, ils pouvaient en mettre suffisamment en grange pour usage durant l’hiver.  Ce sont eux qui sont responsables pour la construction de ces tombes appelées Dolmen  (dol – table et men – pierre) ainsi que des édifices de culte nommés menhirs (men – pierre et hir ‑ debout).  Les peuples Néolithiques s’étendirent sur la totalité de Guernesey, cultivant la terre et construisant leurs tombes et leurs menhirs.

LA PÉRIODE ROMAINE

Quelques amphores provenant de la région de Cadiz en Espagne furent découvertes à l’entrée du port de la ville de Saint-Peter Port.  Par la suite, on découvrit près de l’entrée de ce port les vestiges de la partie inférieure d’un navire construit en bois, et datant de la période Romaine. On y trouva un chargement de tuiles.

Ce navire est d’une importance extrême puisqu’il précède tout autre navire découvert dans les Îles Britanniques par environ un millier d’années.  On a pu, grâce à un certain nombre de pièces de monnaie trouvées à bord, le dater du 2e siècle Après Jésus-Christ.  C’est le premier navire de commerce maritime qui ait été découvert et il semble qu’il ait fait des voyages de commerce, partant soit d’Espagne ou du Portugal à destination de la France ou de Guernesey.

LA RELIGION

Le Christianisme s’est, au cours des 3e et 4e siècles, peu à peu étendu à Guernesey, importé par les Britanniques venus de l’Ouest de l’Angleterre, en route pour la Bretagne.   De 1570 à 1610, Sir Thomas Leighton était le Gouverneur de Guernesey.  Leighton était très strict.  C’est durant son administration de l’île qu’eut lieu la transition pacifique de Guernesey du Catholicisme au Protestantisme.  Le rôle qu’il a joué dans la Calvinisation de Guernesey constitue son meilleur accomplissement, puisqu’en ce temps les opinions religieuses de l’île venaient de France et qu’il n’était donc pas question pour Guernesey de faire partie de l’église Anglicane.  Au 17e siècle, la réformation avait alors changé la religion des îles qui, de catholique, suivaient maintenant une forme de Protestantisme.

Lorsque James II accéda au trône en 1685, il essaya de réintroduire le Catholicisme à Guernesey en y installant un Gouverneur Catholique ainsi qu’une garnison largement Catholique.  Il insista également à ce que la messe soit célébrée dans les églises de l’île.  Bien entendu, les Guernesiais s’en offensèrent.  L’officier Protestant fit l’inspection des soldats qui se trouvaient dans le Fort, appela les Protestants hors des rangs et leur ordonna de charger leurs baïonnettes.  Puis il commanda au reste de la garnison de déposer leurs armes, ce qu’ils firent.  Et, ainsi, la restauration de la Monarchie Protestante à Guernesey se fit, tout comme en Angleterre, sans verser de sang.

LES PAROISSES

L’origine des dix paroisses [ St-Peter Port, St-Sampson, St-Martin, La Forêt, St-André, Torteval, Vale, Catel, St-Saviour & St-Pierre du Bois ]  divisant l’île est tout aussi obscure que ne l’est leur ancienneté.  Il est certain qu’elles remontent au moins au 7e siècle.  Il n’existe aucune explication satisfaisante quant à la raison pour laquelle une portion de Saint-Pierre du Bois et de Torteval se sont trouvées détachées.

LE MOYEN ÂGE

Du 7e au 9e siècle, les îles étaient habitées par des Bretons, peuple natif de Bretagne qui se déplaçait.  Durant cette période, des bandes errantes pillaient la péninsule Normande et les Îles Anglo-Normandes.  A partir du 8e siècle, ces pillages augmentèrent, tant quant à leur nombre qu’à leur rigueur, si bien qu’au début du 10e siècle ce peuple s’était en fait installé dans ces régions sous la conduite de leur chef Nordique Rollo.  Rollo étant décédé en 929, C’est son fils, William Longsword, Duc de Normandie, qui annexa les Îles en 933 et celles-ci firent parti du Duché de Normandie jusqu’en 1204.

Une fois les Vikings finalement établis à Guernesey, ils apportèrent avec eux leurs lois, leur langue et leur système seigneurial.

En 1066, le système était bien établi dans les îles et cette année-là, William, Duc de Normandie, devint Roi d’Angleterre après avoir vaincu le Roi Anglais Harold à Hastings.  De 1066 à 1204, sauf pour une brève interruption, l’Angleterre et le duché de Normandie étaient unis sous un chef commun qui était à la fois le Duc de Normandie et Roi de l’Angleterre.  Le Roi, ou Duc, d’après ce système, pouvait prendre des terres pour lui-même et de ces terres il retirait des revenus.  Selon la coutume, il divisait ces terres en fiefs et les distribuait parmi les serfs en échange de leur main d’oeuvre et de leur service en temps de guerre.  Chaque fief était tenu par un Seigneur qui habitait dans un manoir.  Ces seigneurs étaient soit des nobles Normands, ou des Évêques ou des Abbés des maisons religieuses.  Il y avait deux types de fiefs: le fief Haubert et le fief Subalterne.

La première concession accordée dans l’île date de 1028 quand le Duc Robert et est réputée avoir divisé Guernesey en deux larges fiefs: l’un tenu par Nigel de Saint-Sauveur, Vicomte du Cotentin, responsable pour les paroisses de St-Peter Port, St-Sampson, St-Martin, Forest, St-Andrew et Torteval.  Le deuxième fief, tenu par Ranulf Fitz-Anchetil, Vicomte du Bessin, comprenait les paroisses de Vale, Catel, St-Saviour et St-Pierre du Bois.  Il est intéressant de noter que les délimitations de ces deux fiefs coïncident avec les délimitations paroissiales actuelles.  Quelques années plus tard et pour des raisons inconnues, le fief tenu par Fitz-Anchetil fut concédé à l’Abbé du Mont St-Michel.

LA SÉPARATION D’AVEC LA NORMANDIE

Conquise en 1066 par le Duc William de Normandie, ce dernier en devenant ainsi le Roi, l’Angleterre fut alors unie au Duché de Normandie, alors que les Îles Anglo-Normandes faisaient depuis déjà 133 ans, partie du Duché.

L’histoire de Guernesey commence réellement avec la perte de la Normandie par le Roi Jean en 1204 et les terres furent alors redistribuées par Jean parmi ses partisans les plus loyaux, et qui avaient reçu le même traitement en Normandie.

En 1239, Henri III, lors d’un traité avec la France, renonça à son titre de Duc de Normandie en ce qui concernait les anciennes possessions Normandes.  En 1254, Henri III  céda les Iles Anglo-Normandes à son fils aîné, qui devint plus tard le Roi Édouard 1er d’Angleterre, à la condition qu’elles ne soient jamais séparées de la Couronne.  Ceci eut pour effet l’annexion des Îles à la Couronne Britannique bien que les Français ne l’aient pas reconnu avant quelque 200 ans plus tard.

ATTAQUÉS PAR LES FRANÇAIS

Avec la séparation des îles de la Normandie, la vie à Guernesey et dans les autres îles entre 1204 et la première moitié du 15e siècle devint très difficile.  Les Français lancèrent une série de raids sur les îles qui devaient apporter mort et destruction à grande échelle.  Les conséquences en étaient désastreuses pour les habitants dont la survie en hiver dépendait des récoltes de l’été.

Le premier témoignage écrit d’une attaque par les Français remonte à 1214, quand un aventurier pirate tenta sans succès de capturer l’île.

Les îles furent attaquées en 1305, 1336, 1338, mais les raids étaient tellement fréquents que beaucoup ne furent pas consignés par écrit.

En 1350, alors que la ville avait déjà été détruite au moins trois fois, Édouard III donna l’ordre de la fortifier d’une muraille.

L’INVASION

Lors de l’invasion de mai 1372, le Roi Français Charles V  envoya une armée de 4 000 hommes sous le commandement du prince de Galles.   Les envahisseurs se montrèrent trop forts et les habitants de Guernesey battirent retraite vers la ville, prenant position sur le plateau, région alors boisée.  Là, une bataille sanglante eut lieu.  Il y avait tellement de morts sur le champ de bataille qu’il était impossible de marcher en évitant de toucher les corps et que le sang coulait de la vallée vers la ville.  Les habitants de l’île perdirent quelques 500 hommes sur un total de 800, avant de prendre refuge dans Fort Cornet.

De 1372 jusqu’aux environs de la fin du 15e siècle s’étend une période d’agitation continuelle entre la France et l’Angleterre, durant laquelle toutes les îles ont été les victimes d’attaques par les Français.

LA PÊCHE

En ce temps-là, la pêche était le moyen d’existence principal des peuples pauvres de la communauté qui salaient et séchaient le poisson avant de l’exporter en Angleterre et Normandie, pour être consommé durant les nombreux jours de maigre imposés par l’Église Catholique.  Pendant qu’ils séchaient, ces poissons étaient fendus et fixés à plat par des morceaux de bois que l’on appelait des perches.

L’INDUSTRIE DE LA LAINE

Une grande partie de la population des îles aux 15e et 16e siècles subsistait par le blanchiment de la laine, son filage et le tricot de bas, de bonnets, de gants et de chandails, ces derniers étant connus de nos jours sous le nom de « Guernesey » à cause de leur style particulier.

LES ÉTRANGERS

A cette époque, la population de Guernesey ne pouvait excéder 6 000 personnes.  Les étrangers n’étaient pas encouragés à s’établir à Guernesey et une Ordonnance de la Cour Royale établissait que « Personne ne fournira le logement dans l’île à un étranger, à l’exception de domestiques, sous peine de pénalisation de 60 soles ».  Cette décision prise sous le règne de Henri VIII (1509 ‑ 1547), fut modifiée plus tard sous le règne de Elizabeth 1ère afin de permettre aux Huguenots Français de foi Protestante de s’établir à Guernesey.

L’ÉGLISE ET LE BÛCHER

La Réformation causa à Guernesey beaucoup d’amertume et de persécution religieuse.  Henri VIII expatria les Moines et les Frères se trouvant dans l’île.  Édouard VI  (1547 – 1553) abolit la messe Catholique et imposa aux églises une traduction Française du Livre de Prières.  Naturellement, quand la Reine Catholique Mary 1ère  (1553 – 1558) accéda au trône, la messe fut rétablie et le nouveau livre de prières suspendu, mais l’île avait alors eu le temps de devenir totalement engagée dans une forme de culte Protestant connu sous le nom de Presbytérianisme.  En 1556, trois femmes furent brûlées au bûcher pour hérésie.  Il s’agissait de Catherine Le Cauchez et ses deux filles, Pérotine Massy et Guillemine Guilbert.  Événement infâme durant lequel une des filles mit au monde un enfant qui fut rejeté dans le brasier selon les instructions du Bailli, Helier Gosselin, et du Doyen de Guernesey, Jacques Amy, tous deux des résidents de Jersey.  On entrait alors dans une période où beaucoup de personnes, principalement des femmes, furent brûlées au bûcher, condamnées de sorcellerie et de magie noire.

Quand les Protestants retournèrent au pouvoir sous le règne de la reine Elizabeth (1558 – 1603), sans être aussi cruels, ils furent tout aussi intolérants que leurs prédécesseurs.  En 1573, un homme fut fouetté à travers les rues de la ville pour avoir assisté à la messe et, à la fin de ce siècle, on ordonna à tous les non-Protestants de renoncer à leur religion Catholique ou de quitter l’île.

LA MONNAIE

A cette époque, la Livre Tournois était la monnaie courante à Guernesey et en France.  Le Tournois, originaire de Tours en France, se comptait en livres, en sols ou sous, et en deniers.  Guernesey a utilisé la monnaie Française, francs et centimes, jusqu’en 1920 quand la monnaie Anglaise la remplaça, bien que pour longtemps encore les deux monnaies furent utilisées ensemble.

En 1921, le Franc fut abandonné comme monnaie officielle et remplacé par la Livre Sterling.  Les deux monnaies étaient utilisées parallèlement pendant bien des années.

Avec l’arrivée du système décimal en 1971, Guernesey a frappé sa propre série complète de pièces de monnaie décimale.  Auparavant, des pièces de cuivre (des doubles, huit pour un Penny), avaient été utilisées depuis 1830.

CRISES

Guernesey a fait face à beaucoup de crises dans son passé et a souvent du s’adapter à des circonstances différentes, comme par exemple la séparation d’avec la Normandie, la Guerre Civile et l’Occupation Allemande.

L’ORIGINE DU NOM DE GUERNESEY

L’origine du nom de Guernesey a été le sujet de nombreux débats.  Guernesey a peut-être été connue sous le nom de Warnarsoy.  Au Moyen Âge sont apparues différentes orthographes que l’on peut reconnaître comme formant la racine du mot Guernesey, soit: Grenesey, Garnereia, Gerneroi, Gernere, Gerneseye, Guernereye et, enfin Gerneseye.  L’une des théories avancées prétend que la terminaison EY que l’on retrouve dans Guernesey, Alderney et Jersey, viendrait du « Norse » OY voulant dire  » île  » tandis que la terminaison HOU de Lihou, Burhou et Brecqhou viendrait du « Norse » HOLM, voulant dire  » îlot « .  Warnar(s)oy aurait ainsi été l’Île de Warner, pirate ou chef Nordique qui aurait capturé l’île durant le 9e siècle ou le 10e siècle.

ARCHITECTURE

La mer, qui a découpé les falaises et criques de sa côte Sud, et le granite allant du gris au rose dont sont construites ses grandes fermes comme ses plus modestes cottages, fournissent les deux influences majeures sur le paysage de Guernesey.

Depuis des siècles, le granite local a été utilisé comme matériau de construction et beaucoup de vieilles fermes et chaumières sont construites de granite bleu ou de granite rouge ayant des murs qui peuvent atteindre jusqu’à un mètre d’épaisseur.  Ces murs étaient construits de deux parements de maçonnerie, entre lesquels on empilait du mortier (appelé barbouille) et des rocailles de carrière.

L’arche en demi-cercle qui forme l’encadrement des portes, est l’une des caractéristiques les plus frappantes de l’extérieur de la plupart des fermes, et l’on retrouve ces arches à Jersey, dans le sud-ouest de la Normandie, et au Nord de la Bretagne, avec cependant des dessins différents.  On ne connaît pas d’arches à Guernesey qui date d’avant 1570 et peu furent construites après 1630.  Les fermes des 16e et 17e siècles se distinguent également par leurs énormes cheminées en granite, leurs escaliers en colimaçon ou tourelles, et leurs niches généralement placées près de la porte d’entrée ou de l’escalier, appelées Bénitiers, et auxquelles on attribue une ancienne signification religieuse, aux temps ou Guernesey était Catholique.

HISTOIRE DE GUERNESEY

Associée à la couronne d’Angleterre depuis l’époque de Guillaume le Conquérant, l’île est encore placée sous un gouvernement d’origine Normande (un bailli et douze conseillers).

Déclarée neutre en 1484, Guernesey fut le refuge des Huguenots au 16e siècle.  Enrichie au cours des guerres du 18e siècle (sous les fortifications), Guernesey a depuis maintenu sa prospérité, à l’exception des cinq années d’occupation allemande.

LES JURATS

Les Jurats firent leur apparition au début du 13e siècle.  En tant qu’institution, ils sont apparentés aux « Hommes de Loi » des régions Anglaises à influence Scandinave: autrement dit, leur fonction était de connaître et déclarer la loi des usages à une époque où les traditions orales étaient considérées tout aussi valables que les écrits, et sinon plus puisque les hommes d’église étaient plus ou moins les seuls à pouvoir lire et écrire.

Il est probable que l’office de Jurat ait existé avant 1204, mais le rapport avait pour but principal d’assurer l’administration de la Justice sans mandat particulier car il devenait de plus en plus difficile pour le Roi d’envoyer des Juges se déplaçant à Guernesey comme cela avait été longtemps le cas.  Le Bailli, nommé dans la Constitution, était probablement le Gardien ou Gouverneur, (Seigneur des Îles), et était investi de la juridiction des îles aussi bien sur le plan juridique, civil, que militaire.  Peu après, un Bailli fut appointé séparément pour Jersey et Guernesey exerçait des fonctions juridiques au nom du Gardien.

GOUVERNEMENT

Les Îles Anglo-Normandes sont autonomes et, ayant leurs propres Assemblées, elles ne sont pas représentées à Westminster.  Dernière parcelle de Normandie devant obéissance à la Couronne.  C’est vers cette dernière que la loyauté du groupe est orientée, et non vers le Gouvernement Britannique.

Rattachées à la couronne depuis 1066, ces îles se distinguent des colonies et autres dépendances d’outre-mer de leurs rapports avec la Couronne.

LA COUR ROYALE

Jusqu’au Moyen Âge, la Cour Royale avait une double fonction.  Elle avait à la fois un rôle judiciaire et, quand le besoin était, un rôle législatif.  Puis, l’Assemblée commença d’évoluer, ne se réunissant qu’en cas de nécessite, et remplit peu à peu les fonctions législatives du Gouvernement, tandis que la Cour Royale ne s’occupa plus que des affaires juridiques.

Le plus ancien Décret ayant survécu date du 14 septembre 1605.

LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR

Le Lieutenant-Gouverneur est le représentant personnel de la Reine dans le Bailliage; il peut assister aux Débats à l’Assemblée et sans avoir doit de vote, peut néanmoins prendre la parole.  La fonction de Gouverneur remonte au moins à 1175 quand John, Comte de Mortain et plus tard Roi d’Angleterre, fut appointé Lord des Îles.  Jusqu’en 1478, le titre était de Lord, ou Gardien des Îles et ceci signifiait généralement les deux Bailliages.  Le Lieutenant-Gouverneur est appointé pour une période de cinq ans et, étant donné sa fonction de Commandant en Chef du Bailliage, le souverain a pour habitude de le choisir dans les rangs supérieurs des officiers des forces armées.

LA LANGUE OFFICIELLE

Jusqu’au début du 20e siècle, le Français était la langue officielle de l’île et était utilisé à l’Assemblée aussi bien qu’à la Cour.  Toutes les Lois et toutes les archives étaient en Français.  Ces derniers continuèrent d’être rédigés en Français jusqu’en 1969.  Mais l’Anglais l’ayant graduellement remplacé, il fut décidé, en 1921, que cette langue serait la langue officielle de l’île.  Le Français avait été la langue de l’île pendant des siècles, jusqu’à ce que, peu à peu, l’Anglais le remplace au cours des 18e et 19e siècles.  L’Anglais, parlé en ville depuis la fin du Moyen Âge, avec l’arrivée des marchands et immigrants venus d’Angleterre, était rarement entendu dans les campagnes avant le début du 20e siècle.

Il y a environ soixante-quinze ans, le Français de Guernesey s’entendait encore dans toutes les paroisses de campagne.  Cette langue, connue sous le nom de Guernesiais, est assez proche de la langue parlée par les Normands (France) aux  11e et 12e siècles.  Langue selon les uns, patois selon les autres, il est peut-être plus simple de considérer le Guernesiais comme un dialecte Français qui, jusqu’à récemment, n’avait jamais été écrit.  Il s’agissait seulement d’un dialecte parlé, utilisé par les gens de la campagne qui, avant l’introduction de l’école obligatoire, ne savaient bien sûr ni lire ni écrire.

Lorsque les gens de Guernesey voulaient écrire, ils le faisaient en Français – un Français « correct » dans la mesure de leurs possibilités.  Les habitants de Guernesey étaient des gens relativement lettrés.

La Langue d’Oil, qui descend directement du Latin, a donné naissance au Français Normand dont le Guernesiais, tout comme le Jersiais, est l’une des interprétations.  Le Guernesiais le plus ancien, et le plus pur, se rencontre dans le sud-ouest de l’île, où l’influence anglaise est plus forte, bien que certaines terminaisons et tournures de phrase y soient souvent restées plus françaises.  Durant l’occupation Allemande de Guernesey en 1940-45, une brève renaissance du Guernesiais eut lieu, mais la plupart des enfants pouvant le parler ayant été évacués en Angleterre pour la durée de la Guerre, le lien fut brisé, et le déclin accéléré à un tel point que, de nos jours, le Guernesiais n’est parlé que par un nombre de plus en plus restreint, appartenant principalement à la génération des aînés.  Très peu parmi les plus jeunes générations peuvent le parler couramment.

ST-PETER PORT

St-Peter Port est cité pour la première fois sous le règne d’Édouard 1er  (1272‑1307), mais la ville était alors probablement déjà ancienne, ainsi qu’en atteste un document mentionnant une de ses églises en 1048.  Sur le plan architectural, la ville de St-Peter Port est faite d’un fascinant mélange de styles, avec néanmoins un nombre dominant de constructions du 19e siècle, représentant surtout des habitations pour les classes aisées.  St-Peter Port est d’ailleurs classée par un ancien inspecteur des monuments historiques parmi les douze villes britanniques les plus importantes, en ce qui concerne les maisons de style Régence (1811-1820).

LE SERVICE MILITAIRE

Le service militaire était obligatoire pour tous les hommes en état de servir.

ST-PETER PORT HARBOUR

La construction navale à Guernesey prit une importance assez considérable au 19e siècle.  De grandes entreprises s’établirent sur l’île et les navires de firmes locales, telles que Carteret Priaulx ou William Le Lacheur parcouraient le monde entier.

PICQUET HOUSE

Du temps de la garnison, Picquet House abritait la maison de détention de la police militaire, destinée à réprimer les excès des soldats de Castle Cornet ou Fort George leur jour de permission.  La « Picquet House » contenait un certain nombre de cellules ou « chambres froides » où les contrevenants attendaient l’arrivée d’une escorte de leur régiment.

SUR LES TRACES DU PLUS CÉLÈBRE DE SES EXILÉS, VICTOR HUGO

La prise du pouvoir par Louis-Napoléon en 1851 entraîna l’exil du plus célèbre poète et romancier de l’époque, Victor Hugo (1802-1885).  Expulsé de Bruxelles, le poète et sa famille se rendirent à Jersey, d’où Hugo fut banni en raison de sa condamnation d’une visite de la reine Victoria à Paris.

Il arriva enfin à Guernesey en 1855, où il devait rester quinze ans, attirant par ce séjour inattendu l’attention du monde entier sur la petite île.  Grâce au succès des « Contemplations (1856) », Hugo put acquérir une grande maison sur l’île de Guernesey qu’il baptisa « Hauteville House ».  Pendant trois ans, le poète dirigea avec enthousiasme les travaux de décoration.

A la suite du coup d’État de Louis Napoléon en 1851, plusieurs réfugiés politiques cherchèrent asile à Jersey, parmi lesquels se trouvait Victor Hugo.  Celui-ci, expulsé de cette île en 1855 pour avoir critiqué la visite officielle de la Reine Victoria à Paris, il arriva à Guernesey le 31 octobre accompagné de son fils François Victor et de sa maîtresse Juliette Drouet.  Le reste de sa famille, y compris sa femme, suivirent plus tard.  L’année suivante, il acheta la Maison de Hauteville et C’est là qu’il passa les 14 années à venir, période durant laquelle il écrivit « Les Misérables », « Les Travailleurs de la Mer » et « L’Homme qui rit ».  A la chute de l’Empire en 1870, Victor Hugo retourna en France.

L’observatoire situé tout au sommet de la maison constituait le refuge du poète.  C’est de là, dominant la mer et au-delà les côtes de sa chère France, qu’il écrivit parmi ses oeuvres les plus puissantes: « Les Misérables (1862) », « Les Travailleurs de la mer (1866, qu’il dédia aux habitants de Guernesey) » et « L’Homme qui rit (1869) ».  Lors de son exil a Guernesey, de 1855 à 1870, Victor Hugo disait que les îles Anglo-Normandes étaient des « morceaux de France tombés à la mer et ramassés par l’Angleterre ».

CASTLE CORNET

Castle Cornet remonterait à 1206.  Les remparts inférieurs furent ajoutés au fur et à mesure de l’importance grandissante du Château et du perfectionnement des armes.  L’enceinte externe fut construite sous le règne de la reine Elizabeth 1ère (1558-1603).

Sir Peter Osborne se retira au Fort et bien qu’il l’ait laissé en 1646, ce dernier fut sous siège pendant huit ans et neuf mois.  Les défenseurs souffrirent beaucoup de privations et la plupart du temps mouraient à moitié de faim.  Selon Pierre Le Roy, un maître d’école de l’époque qui tenait un journal, quelques 30 000 boulets de canon furent tirés dans la ville en provenance du Fort.  Ceci explique qu’il n’y ait aucun bâtiment datant d’avant 1650 présents en ville de nos jours.

L’événement principal du règne de Charles II fut l’explosion qui eut lieu à Fort Cornet le 31 décembre 1672.  La foudre tomba sur le donjon ou tour centrale de la citadelle, dans laquelle se trouvait enfermée la poudre à canon.  L’explosion qui s’en suivit détruisit la tour et tous les bâtiments qui l’entouraient, y compris la résidence du Gouverneur.  Il y eut plusieurs morts, y compris Lady Hatton, la femme du Gouverneur, sa mère et sa fille.  Lord Christopher Hatton eut lui-même une chance remarquable, ayant été projeté sur les remparts alors qu’il était encore dans son lit.  C’est depuis cette date que les Gouverneurs ont cessé d’utiliser le Fort comme résidence officielle.

FORT GREY / BAIE DE ROCQUAINE – SAINT-PIERRE DU BOIS

Guernesey est encerclée de fortifications de toutes époques, y compris de l’occupation allemande de 1940-45.

Le Fort Grey, à Rocquaine, l’une des tours de type « Martello » construites pour défendre l’île contre Napoléon, s’élève à l’emplacement d’un château plus ancien et fut utilisée par la garnison et la Milice Royale de Guernesey pour leur surveillance des côtes.  Les Allemands s’en servirent aussi.

Le fort a été converti en musée sur les naufrages occasionnés par les tristement célèbres récifs de Hanois, à l’extrémité desquels se dresse maintenant un puissant phare.

Guernesey, située à six miles marins seulement des grandes routes maritimes de la Manche, a longtemps joui d’une position stratégique à l’époque de la puissance britannique sur les mers.

PIERRE-AUGUSTE RENOIR

Renoir passa six semaines à Guernesey, à la fin de l’été 1883.  Dix-huit tableaux, en fait, sont nés de ce séjour, dont certains ont figuré sur les timbres-poste de l’île.

LA GUERRE CIVILE

Le Fort Cornet (Castle Cornet) a souvent joué un rôle prépondérant dans l’histoire de Guernesey.

La Guerre Civile a probablement constitué la période la plus intéressante de sa longue histoire.  L’histoire de ses débuts manque de précision mais on sait qu’au 13e siècle, une famille du nom de Cornet possédait et occupait des terres au sud de l’église de la ville.

Bien qu’il n’y ait aucun écrit établissant la date à laquelle la construction du fort a été commencée, il est plus que probable que cette date soit aux environs de 1204, après que l’île ait pris la décision de demeurer sous la Couronne Anglaise, puisque la nécessité d’avoir un fort à cet emplacement ne s’était pas fait sentir auparavant.  La première mention du fort (sans le nom), date du 29 octobre 1232.  Une autre référence date du 8 juin 1238 sous le nom « De Homet ».  L’appellation « Castle Cornet » apparaît seulement sous le règne d’Édouard III, (1327-1377).

Le bâtiment médiéval était beaucoup plus petit que celui que nous connaissons de nos jours.  Le Fort comprenait une prison qui fut utilisée jusqu’en 1811.

Durant la guerre civile, les États de Guernesey prirent le parti du Parlement contre le Roi et ce faisant, l’île faillit perdre ses anciens droits, privilèges et sa constitution à la restauration de la Monarchie en 1660.  La raison était que l’île s’était rebellée contre un souverain envers lequel, en tant qu’héritier légitime des Ducs de Normandie, elle devait à la fois obéissance et ses droits et privilèges, et s’était soumise à un Parlement envers lequel elle ne devait aucune obéissance et n’en avait jamais due dans le passé.

Il fut décidé que les Îles Anglo-Normandes n’étaient pas gouvernées par les Lois Anglaises.

LES CORSAIRES

L’île se remit remarquablement vite des effets de la Guerre Civile.  Les 200 dernières années du 17e siècle furent une période de relative prospérité.  La ville s’agrandit, particulièrement au début du 18e siècle et de nombreuses résidences de campagne et de fermes furent construites.  En 1613, la population de l’île était estimée à environ 7 500 personnes; elle était, en 1727, de 10 500 personnes, augmentant pour atteindre 16 155 habitants en 1800, année du premier recensement.  Sur ces 16 155 personnes, 8450 habitaient la paroisse de St-Peter Port.  Il fallut un espace de 81 ans pour que la population double et atteigne 32 607 habitants avec une fois encore la moitié résidant dans la paroisse de la ville.

L’Âge des Corsaires à Guernesey commença quand l’île céda son privilège de neutralité en 1689.  Depuis ce temps-là, et jusqu’à Waterloo en 1815, les marins Guernesiais prirent la mer comme Corsaires.  Un bateau corsaire était défini comme vaisseau de guerre appartenant et équipé par des particuliers pour saisir et piller des navires ennemis.

Les conditions de navigation en temps que corsaire étaient très précises et le Capitaine et son équipage étaient tenus d’observer un code de conduite déterminé, et n’étaient donc pas des pirates.  Le butin de chaque voyage était distribué selon des règles bien déterminées.  Un cinquième allait au Roi, et , de ce qui restait, deux tiers allaient au propriétaire, alors que le troisième tiers était divisé entre le Capitaine, les Officiers et l’équipage.  Une récompense spéciale de quatre guinées était donnée aux hommes qui avaient les premiers vu le bateau ennemi ou qui les premiers étaient montés à bord de ce bateau. L’occupation de corsaires était donc parfaitement légitime et pour certains constituait une entreprise rémunératrice jusqu’à ce que cette activité soit abolie par un accord international en 1856.

L’aide apportée à la Marine Royale en temps de guerre par les corsaires de Guernesey était considérable.  L’aide aux Anglais était tellement importante et l’ensemble de la flotte des corsaires si impressionnante, que Westminster déclara que les îles pourraient presque prétendre être reconnues comme l’une des puissances navales du monde.  Beaucoup des navires étaient construits et équipés à Guernesey et une industrie de construction navale commença.

C’est ainsi qu’indirectement, Guernesey doit aux corsaires l’introduction de ce qui fut pour une cinquantaine d’années, dès la fin du 18e siècle, une des principales industries de l’île: celle de contrebande.  Les vins et cognacs conservés dans les caves de la ville mûrissaient parfaitement sous le climat doux de Guernesey.  En tenant compte de la position stratégique occupée par l’île entre la France et l’Angleterre, ce qui permis à Guernesey de devenir l’un des principaux entrepôts de la contrebande.

Le Gouvernement Britannique considérait que la contrebande était un commerce illicite et essaya d’organiser un Bureau de Douane à St-Peter Port en 1707.  Les Guernesiais résistèrent fortement à cette démarche, spécialement William Le Marchant alors Jurat et qui devait plus tard devenir Bailli.

C’est grâce aux corsaires et aux contrebandiers, ainsi que leurs industries secondaires de construction de navire et de tonneliers, que plusieurs familles dans l’île firent de grosses fortunes, tandis que beaucoup d’autres furent tirés de la pauvreté et entrèrent dans les rangs de l’opulence.  Ce changement désorganisa l’ancien ordre social de Guernesey.  Ces nouveaux riches demandèrent naturellement le respect qu’ils avaient eux-mêmes dans le passé accordé à ceux qui étaient plus à l’aise qu’eux.

LA VIE … AU 18SIÈCLE

Que peut-on dire sur la vie telle qu’elle était à Guernesey au 18e siècle dans la ville et dans les campagnes?  Une prospérité croissante avait apporté des changements considérables aux familles les plus importantes, beaucoup d’entre elles ayant une maison dans la ville et une résidence de campagne.  Beaucoup des rues de la ville étaient en pente raide et très étroites, sans éclairage ni trottoirs et souvent ressemblaient à de simples égouts en plein air.  Seulement les rues de la ville basse étaient pavées.  Un caniveau (rigole étroite au milieu de la rue pavée) emportait les eaux sales et autres ordures.

À l’exception de celles des marchands et des gentilshommes de la ville, la plupart des maisons de l’île étaient petites.  Les pièces étaient basses et sombres, meublées de mobilier de pauvre qualité.  Ce n’est qu’à la fin du siècle que Guille commença ainsi que d’autres ébénistes, de fournir des meubles en acajou de style Chippendale et Sheraton, et qui prirent de la valeur avec le temps.  Le mobilier se composait de tables à tréteaux, de chaises et du lit de fougères séchées, installé à environ 50 centimètres du sol.  Le plancher du parloir, ou salle de séjour, était simplement fait de terre, et même dans les maisons de gentilshommes, ce plancher n’était recouvert que de sable que l’on appelait « le tapis de Vale ».  Pour éviter que la terre ne suinte, le sol était aussi recouvert de fougères que l’on changeait de temps en temps.  Le Crasset, primitive lampe à l’huile de poisson et dont le dessin en forme de bateau permettait de recueillir les gouttes tombant d’un plateau intérieur contenant l’huile de foie de morue, de congre, ou de raie, et dont la mèche flottante était faite de chiffons tordus, roussis ou à demi brûlés, constituait le seul moyen d’éclairage.

Les gens de la campagne entretenaient peu de relations avec ceux de la ville, sauf durant les jours de marché.  Ils bougeaient peu et s’aventuraient rarement en dehors de leur paroisse et de leur territoire.  Cette absence de communications ne fit qu’accentuer les différences paroissiales, particulièrement en ce qui concerne la langue Guernesiaise.

Les routes de campagne étaient épouvantables, très étroites, moins de deux mètres de large, et très tortueuses.  Elles étaient tout juste assez larges pour une charrette et quand deux charrettes se rencontraient, l’une d’elles devait reculer jusqu’au renfoncement le plus proche, que l’on appelait un « Gensage ».  Les trajets dans les campagnes étaient faits à dos de poney à paniers, les femmes montant sur de larges selles en paille, les étriers rejetés par-dessus.  Le cabriolet et l’attelage à quatre ne firent leur apparition dans l’île que durant le siècle suivant.  Ceux qui vivaient en ville allaient rarement dans les campagnes, à cause du manque de transport et des mauvaises routes.

L’ÈRE NAPOLÉONIENNE

L’origine de la Milice de Guernesey provient probablement de la nécessité de se protéger contre les raids et invasions des 9e et 10e siècles.  A cette époque, un décret apparut, établissant que l’île devait contribuer à sa propre défense.

C’est seulement durant la dernière partie du 18e siècle que le Milice devint réellement efficace et proprement organisée.  L’uniforme rouge fut porté pour la première fois en 1780 par tous les membres, bien qu’ils aient du le payer eux même.

Le danger d’une invasion Française était toujours présent et les îles vivaient en état d’alerte constante.  En conséquence, 15 tours de défense côtière, faussement appelées Tours Martello, furent construites tout le long de la côte aux endroits les plus propices à une invasion éventuelle.  Beaucoup de ces tours furent construites entre 1775 et 1790.  Beaucoup de ces tours avaient des poudrières aux alentours.

Leur construction était suffisamment solide pour pouvoir supporter chacune un canon tirant des boulets de six livres sur le toit et pour abriter une vingtaine d’hommes.

Le risque d’invasion, rendu bien plus réel par la Révolution Française du 14 juillet 1789, devint encore plus pressant quand Napoléon vint au pouvoir quelques 10 années plus tard.

Guernesey ainsi que Jersey étaient si bien préparés que les îles découragèrent toute tentative.

Une armée de 20 000 hommes fut assemblée durant février 1794 à Saint-Malo, ayant pour but principal de capturer les îles et de l’occuper.

Tous les hommes entre 16 et 60 ans pouvaient être appelés et l’entraînement était obligatoire.

En 1799, une division de troupes Russes, alliées de l’Angleterre, fut cantonnée à Guernesey, ne pouvant débarquer en Angleterre.  Ils ne jouirent pas d’une forte popularité durant leur courte visite, se saoulant, créant des émeutes, volant et même quelques fois entrant dans les chaumières pour y boire l’huile de poisson qui se trouvait dans le crasset.  On s’occupa tellement peu d’eux, qu’ils moururent presque de faim.

LES GUERNESIAIS CÉLÈBRES

Isaac Brock et John Gaspard Le Marchant.  Brock, né en 1769 à St-Peter Port, s’engagea en 1785 dans l’armée comme Enseigne dans le 8e régiment.  En 1802, il avait atteint le rang de Colonel dans le 49e régiment à pied au Canada.  En 1806, il avant la commande des armées Britanniques au Québec et en 1810 au Canada supérieur.  Nommé Général de Division en 1811, il devint le Chevalier du Bain en 1812, l’année de sa mort.

L’un des capitaines Guernesiais les plus illustres du 19e siècle était William Le Lacheur, né dans la paroisse de la Forêt, et responsable pour l’établissement du commerce du café entre Londres et Punta Arenas, port sur la côte du Pacifique au Costa Rica, en passant par le Cap Horn.  Dans les années de 1840 à 1860, le voyage prenait de 100 à 110 jours en voilier.

Un autre célèbre natif de Guernesey, Thomas de la Rue, naquit en 1793 à la Bourg, dans la paroisse de la Forêt, et mourut en 1866.  Après avoir fait son apprentissage dans l’imprimerie à St-Peter Port, il travailla pour plusieurs compagnies de l’île, mais désenchanté de ce que l’avenir lui offrait, il décida en 1810 de chercher fortune à Londres.

LA VIE … AU 19e SIÈCLE

Dans les débuts du 19e siècle, beaucoup des améliorations de l’île étaient dues à un nouveau Gouverneur énergique.  Il s’agissait de Sir John Doyle, un Général de Division qui fut Lieutenant Gouverneur de 1803 à 1816.  L’île devait bénéficier longuement de son administration durant laquelle il attaqua deux grands projets, tout en réorganisant la Milice et les défenses de l’île.  Ces deux projets étaient de drainer le Braye du Valle et de rendre les routes de l’île praticables.

Sir John avait l’intention de construire des routes qui permettraient à ses troupes de se mouvoir rapidement dans n’importe quel point de l’île en ces d’invasion, afin d’être sur place pour repousser les Français dès leur débarquement.  Sir John réussit à faire approuver son programme de construction de routes et la première route militaire fut construire de la ville, traversant St-Martin, le long de la Route de la Forêt (Forest Road), passant par l’Erée.  La deuxième route allait de la ville, passait par le Rohais et le Rohais de Haut, puis passait l’église de Catel et descendait jusqu’à Vazon, traversant les Eturs et la Hougette.  Ces deux routes avaient seulement 18 kilomètres de long.  D’autres routes furent construites dès que les États réalisèrent à quel point l’existence de bonnes routes pouvait aider à ouvrir les paroisses de campagne.

Sir John fut invité à retourner à Guernesey en 1826 comme invité d’honneur à un banquet offert par les États.  En 1829, l’État estimait que quelques 30 000 livres avaient été dépensés sur 85 km de routes principales et 28 km de routes secondaires.

Le 19e siècle apporta de grands changements à Guernesey et l’on peut affirmer sans risque d’erreur que l’apparence de l’île changea dramatiquement au cours de cette période.  Au début, Guernesey demeurait très rural, et son train de vie avait la lenteur caractéristique des petites communautés.  A la fin du siècle la population avait plus que doublé, passant de 16 000 habitants à 40 000 habitants et le caractère rural de l’île s’en trouva partiellement détruit, faisant place à des extensions urbaines le long des routes principales, et la ville s’étalant par delà de ses anciennes limites.

Les touristes commencèrent d’arriver en nombre de plus en plus grand, particulièrement vers la fin du 19e siècle, et plusieurs guides chantant les louanges de l’île, et plus particulièrement la douceur de ses hivers, firent leur apparition dans les années 1830 et 1840.

Vers la fin des années 1820, la population sans cesse croissante de l’île rendait nécessaire l’agrandissement du centre commercial fut projeté.  L’une des réalisations les plus remarquables du début du 19e siècle fut la construction des marchés là où se trouvaient avant des maisons et des jardins.  En 1820, l’État consentit à construire un marché couvert qui coûterait 5 500 livres.  Ce dernier fut terminé en octobre 1822, et inauguré par le Bailli, Daniel de Lisle Brock, qui déclara: « Guernesey doit former une seule grande famille aux intérêts communs ».  Il y avait 36 boutiques dans le marché, chacune payant un loyer de 5 livres.

Le commerce de la pierre qui avait commencé au milieu du 18e siècle atteignait maintenant son apogée.  Ce commerce a malheureusement détruit beaucoup de monuments néolithiques.  Plus d’une centaine de carrières de granite se trouvaient au Nord de Guernesey et durant les années 30 une moyenne de 43 000 tonnes de pavés et autres pierres étaient exportées chaque année.

La construction navale, industrie croissante, comptait en 1834 huit constructeurs de bateaux et cinq constructeurs de navires.  La plupart de leurs chantiers se trouvaient le long de la côte est.  Ceci fournissait du travail pour des métiers tels que voiliers, scieurs et cordiers.

La carte de Guernesey qui date de 1832 nous montre 13 moulins à eau et 15 moulins à vent.  La plupart de ces moulins travaillaient le blé: trois étaient des moulins à ciment; et il y avait une fabrique de papier; un moulin à chiffons qui déchirait les chiffons pour en garnir les épaulettes des manteaux et un moulin à vapeur pour piler le froment et scier le bois.  Avec l’arrivée de la vapeur, beaucoup de nouveaux moulins furent construits au cours des années suivantes, étant plus sûrs que les moulins à vent ou les moulins à eau.

L’éclairage par le gaz fit son apparition à Guernesey le 5 janvier 1830.  L’éclairage par le gaz s’établit partout en ville, aussi bien dans les boutiques que dans les maisons et, pour la première fois, dans les rues de la ville.

Les communications par delà de la Manche s’amélioraient, la voile cédant peu à peu la place à la vapeur.  Le premier bateau à vapeur, Le Medina, arriva à Guernesey en 1823.  Bien qu’il ne fit qu’un seul voyage, il inaugura un service rapide et régulier entre l’île et Weymouth (Angleterre).  En été, des traversées avaient lieu presque tous les jours et le voyage de Guernesey à Southampton (Angleterre) prenait environ dix heures.  Ce progrès était très profitable à l’île, aussi bien sur le plan privé que sur le plan commercial.  Avec sa ville rénovée, ses routes améliorées et un air de prospérité croissante, l’île devenait plus attrayante pour un nombre sans cesse augmentant de touristes, qui n’étaient peut être pas encore attirés par le soleil et le sable, mais qui étaient des personnes aisées et curieuses, cherchant à augmenter leurs connaissances du monde.

C’est en 1846 que l’île reçut sa première visite royale connue, quand la Reine Victoria et le Prince Albert arrivèrent dans le Royal Yacht, à St-Peter Port.  Cette visite avait pour but de réparer en partie le mal fait par le Lieutenant Gouverneur Général de Division, Sir William Napier, soldat et historien distingué de la Guerre d’Espagne, mais homme très peu aimé.  Peu après son arrivée au pouvoir en 1842, on se rendit compte qu’il était non seulement très irritable, mais qu’il avait aussi une certaine tendance à être arrogant, ainsi que de faire preuve d’un inquiétant manque de tact, et une conduite offensante qui donnait lieu à de sérieux différents entre le peuple de Guernesey, y compris l’État, et lui-même.

La reine fit une autre visite à Guernesey en 1859 alors que la résidence du Lieutenant Gouverneur s’était établie dans le Château Carey.

Avec la prospérité sans cette croissante de l’île, le développement de la construction navale et du commerce des carrières, le vieux port se montrait très insuffisant.  Plusieurs projets furent avancés dans les années 40 et l’État décida finalement d’adopter les plans de James Rendel.  La première pierre fut posée par le Bailli, Sir Peter Stafford Carey, le 24 août 1853.

L’ÉCOLE

Le Français étant leur langue maternelle et non l’Anglais, ils allaient à l’école en France où ils apprenaient les doctrines Calvinistes des Protestants Français.  À leur retour, ils prêchaient dans leurs églises paroissiales respectives.  C’est ce qui se passait avant que, pour cette raison, la Reine Elizabeth ne fonde en 1563, un Lycée.  En partie à cause de ce lien d’éducation, beaucoup de Huguenots Français persécutés accoururent aux Îles puisque beaucoup d’entre eux y avaient des amis ou des relations.  En conséquence de leur influence, une certaine forme du culte Calviniste qui avait été accepté avec tant de répugnance par Elizabeth, devint fermement établi à Guernesey.

OCCUPATION

Pour les habitants de Guernesey, l’occupation Nazie a signifié souffrances, faim et peur, pendant cinq longues années.  Pour les milliers de soldats et travailleurs allemands, elle a probablement représenté cinq ans de labeur et d’ennui.  De nouvelles fortifications encerclèrent la côte, tandis que dans l’île on construisait des dépôts de munitions souterrains.  En 1944, 11 000 Allemands défendaient l’île.

Les Alliés ayant débarqué sur les plages de Normandie, les îles restèrent isolées et ces défenses ne furent jamais mises à l’épreuve.  Le seul avantage qu’en tirèrent les habitants de l’île fut le solide esprit de solidarité qui se développa parmi eux pendant ces années de privations.

A la Déclaration de la Guerre en 1939, les États prirent des mesures de précaution parmi lesquels se trouvaient un système de rationnement pour les vivres.

Les Allemands occupèrent Guernesey le 30 juin 1940, ceci après qu’une panique générale ait pour résultat l’évacuation de quelques 17 000 habitants sur un total de 40 000.  Le fait qu’il y ait eu moins de bouches à nourrir était probablement une bonne chose car les vivres étaient si minimes vers la fin de l’Occupation que la survie de ceux qui étaient restés était loin d’être certaine.

La situation de l’île s’empira rapidement vers la fin de 1944, une fois que les Alliés, ayant repris la Normandie, isolèrent effectivement dans les îles une division entière de troupes Allemandes, au total quelques 35 000 hommes.  A Noël 1944, les réserves de vivres, de vêtements, de combustibles et de médicaments étaient presque épuisées lorsqu’un bateau de la Croix Rouge « Le Vega », arriva de Lisbonne au Portugal, le 27 décembre, avec médicaments et vivres pour la population civile.  Le Vega fit d’autres voyages en février, mars, avril et mai 1945, et l’on peut dire que sans l’aide de ce navire, il ne fait aucun doute que beaucoup des habitants auraient succombé à la famine et au froid bien avant la Libération de l’île.  Finalement, le 9 mai, le Vice Amiral Huffmeir, Commandant en Chef Allemand, se rendit.  Peu après, une petite armée de régiments Britanniques débarquèrent et furent reçus avec délire par les habitants de l’île.

Un mois après la Libération, le Roi George VI et la Reine Elizabeth rendirent visite à Guernesey et peu après les évacués commencèrent à rentrer chez eux.

LES ALLEMANDS

Un prêtre français ne manquait jamais, à la fin de sa messe en latin, de prier pour le roi Georges VI  « Georgius Rex noster », souriant intérieurement quand les soldats allemands répondaient en choeur « Amen ».

LA LIBÉRATION

Les soldats britanniques débarquèrent à Guernesey le 9 mai 1945, au milieu de la joie sans pareille de la population.  Ce « Jour de la libération » est toujours un jour férié dans les îles Anglo‑Normandes.

RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE GUERNESEY

  900         Les Îles Anglo-Normandes sont contrôlées par les Ducs de Normandie

1028         Guernesey est divisé en deux larges fiefs contrôlés par deux Suzerains Normands

1066         William, Duc de Normandie et des Îles Anglo-Normandes, fait la conquête de l’Angleterre

1175         John, Comte de Mortain, est nommé Seigneur des îles

1204         Les Français chassent le Roi John hors de la Normandie.  Construction de Fort Cornet

1213         Le Roi John accorde aux îles leurs « Constitutions »

1214         Le Moine Eustace échoue dans sa tentative de capturer Guernesey

1259         Henry III abandonne ses droits au titre de Duc de Normandie pour toutes les anciennes possessions Normandes mais conserve le titre à l’égard des Îles Anglo-Normandes

1350         Edouard III donne commande la construction d’un mur autour de St-Peter Port

1356         L’Île et Fort Cornet sont capturés par les Français.  Ceux-ci sont chassés hors de l’île par une troupe de combattants Jersiais sous le commandement du Gardien des Îles

1372         Des batailles sanglantes ont eu lieu jusqu’au-dessus de St-Peter Port.  Fort Cornet est assiégé

1471         Abolition du poste de Lord ou Gardien des Îles.  Différents Gouverneurs appointés pour Guernesey et Jersey.

1556         Catherine Cuachès et ses deux filles vont au bûcher à Tower Hill

1559         La Reine Elizabeth 1ère signe « La Grande Charte » qui confirme les Droits et Privilèges des Îles accordés par le Roi John et confirmés par ses successeurs

1563         La Reine Elizabeth 1ère fonde le College Elizabeth

1568         Les Îles Anglo-Normandes sont transférées à l’Évêché de Winchester, derniers liens coupés avec la France

1570 – 1610                  Gouvernement de Sir Thomas Leighton

1572         Arrivée des Huguenots Français se réfugiant à l’abri des persécutions

Sir Peter Osborne appointé Gouverneur

1627         1200 soldats Anglais cantonnés à Guernesey par le Roi Charles I

1643         Le Parlement ordonne l’arrestation du Gouverneur, Sir Peter Osborne.  L’ordre n’est pas suivi et la Cour Royale est dissoute par le Parlement.  Début du siège de Fort Corner par le Gouverneur Royaliste.  Guernesey donne son support au Parlement.  Trois Jurats sont emprisonnés au Fort le 28 octobre.  Ils s’échappent le 3 décembre quelques heures à peine avant l’heure prévue pour leur exécution.

1651         Fort Cornet, dernière place forte royaliste des Îles Britanniques, se rend le 19 décembre.

1660         Restauration de la Monarchie.  Le Roi Charles II instaure les Droits et Privilèges de Guernesey dont le sort avait été incertain.

1661-1671                    Le Parlementaire, le Général Lambert, est exilé à Fort Cornet.

1672         Une explosion a lieu à Fort Cornet qui détruit la tour centrale ainsi que d’autres bâtiments tout autour, y compris la résidence du Gouverneur.

1685         Révocation de l’Edit de Nantes, avec pour conséquence l’arrivée dans l’île d’un surcroît de réfugiés Huguenot.

1689         William d’Orange est proclamé Roi d’Angleterre.

Les Officiers et les Soldats Catholiques de l’Île sont désarmés.

1694         Le Capitaine Corsaire John Tupper reçoit une médaille.

1741         Acquisition de terres pour la construction de l’Hôpital de la Ville

1744         Le Vaisseau Victory, commandé par l’Amiral Balcher, échoue sur les Casquets, entraînant la mort de 1 100 soldats et marins.

1757         Année de la naissance de James de Saumarez qui, entrant dans la Marine Anglaise, s’éleva au rang de Commandant en Chef – Plymouth

1766         Naissance de John Gaspart Le Marchant.  Il s’enlista dans l’Armée Britannique et s’éleva au rang de Général de Division.  Il fonda le Collège de Sandhurst et fut tué à Salamanca en 1812.

1769         Naissance de Isaac Brock.  S’enlista dans l’Armée Britannique et s’éleva au rang de Général de Division.  Tué en combattant les Français à la Bataille de Queenstown Heights, au Canada en 1812.

1787         Parution de la Carte de Guernesey de William Gardner, premier plan exact de l’Île, résultant de la visite du Duc de Richmond.

1789         Le 14 juillet, Révolution Française.

1794         Une invasion des Îles prévue par les Français est annulée.  Établissement d’un service de poste à Guernesey.

1800         Premier recensement de l’Île – 16155 habitants.

1804         Le Fort Grey, baptisé localement la tasse et la soucoupe, fut érigé en 1804.

1811         La Prison de la Ville est achevée. Les prisonniers étant auparavant gardés à Fort Cornet.

1812         Mort de Brock et de Le Marchant, tués au combat.

1820         Construction du Marché et émission des premiers billets Guernesiais d’une Livre.

1821-1842                    Daniel de Lisle Brock, frère d’Isaac Brock, est Bailli.

1822         Le Marché est inauguré.

1823         Arrivée à Guernesey du Medina, premier bateau à vapeur.  Début d’un service régulier.

1829         Les Livres tournois, les sols et les deniers disparaissent et sont remplacés par les Francs et Centimes.

1830       Guernesey émet ses premières pièces – 1 double et 4 doubles.

L’éclairage par le gaz fait son apparition à St-Peter Port.

1832         Épidémie de Choléra à St-Peter Port – 99 morts.

1835         Le poste de Gouverneur est aboli.  Un Lieutenant-Gouverneur est appointé.

1842         Sir William Napier est appointé Lieutenant-Gouverneur.

1846         Première visite Royale de la Reine Victoria et le Prince Albert.

1853         La première pierre du port de St-Peter Port est posée.

1855         Arrivée de Victor Hugo au commencement de ses 15 années d’exil.

1859         Seconde visite de la Reine Victoria.

1879         Tramway à vapeur commence le service entre la ville de St-Peter port et St-Sampson.

1889         Arrivée du premier Paquebot Poste « moderne »

1897         Le Service du Téléphone reçoit une licence lui permettant d’opérer indépendamment du Royaume Uni.

1900         Les premiers bus motorisés font leur apparition.

1918         Hydro-avion transporte les journaux Anglais le jour même de leur parution.

1928         Des hydravions assurent le premier service pour passagers entre Southampton et Castle Emplacement.

1934         La compétition des autobus force les tramways à cesser d’opérer.

1940         L’Île est démilitarisée – Évacuation de 17 000 habitants.  Les Allemands occupent l’Île en juillet.

1944         L’Île, au bord de la famine, est sauvée par l’arrivée, le 27 décembre, du navire de la Croix Rouge, le Vega, en provenance du Portugal.

1945         Le Vice Amiral Huffmeir, Commandant en Chef des Allemands, se rend le 9 mai.  Arrivée des troupes Britanniques.  Les évacués rentrent.

1959         L’impôt sur le revenu est réduit.

1961         Arrivée des nouveaux Paquebots Poste, Le Sarnia et le Caesarea.

Source : Priaulx Library

Publié par Mireille de Garie

Courriel :   minireille.wordpress@gmail.com

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