Frère Alphonse Boutin – Hommage – décédé à 101 ans et 8 mois

1 - Frère Alphonse

Frère Alphonse Boutin

HOMMAGE A ONCLE FRÈRE ALPHONSE

Le 22 juin 2013 – Par Linda Boutin, sa nièce

Il y a plus d’un siècle déjà, soit le 14 octobre 1911, Anna Turgeon, mariée à Amédée Boutin met au monde son deuxième garçon qu’elle nomme Joseph Alphonse Gérard.

Comme je (Linda) suis née 51 ans plus tard, les plus anciens souvenirs de mon oncle remonte à l’époque de sa soixantaine. Entre autres, je me souviens qu’à chaque Noël, il envoyait une carte de souhaits. Mes parents, Laurence et Hermile, qui avaient repris la terre familiale, l’ont aussi quelque fois reçu à dîner, après la messe du dimanche.  C’était alors pour nous, ses neveux et nièces, un dîner solennel pendant lequel nous étions très sages.

Cet oncle, que nous avions d’abord connu sous le nom de Frère Edmond, nous impressionnait par sa culture et ses connaissances. Pourtant, lui-même, m’a raconté il y a quelques années, comment il était impressionné par la grande tablée d’enfants et par cet esprit familial qui régnait autour de la table.

2 - Frère Alphonse

Nous célébrons les 100 ans du Frère Alphonse Boutin

Frère Alphonse était membre de deux grandes familles et il les aimait tout autant l’une que l’autre. Sur son bureau de la chambre qu’il occupait à la maison des Frères à Ste-Foy, avec une vieille machine à écrire, il tenait à jour l’arbre généalogique de la famille Boutin. Lorsque nous l’avons visité à Laval pour ses 100 ans, il nous a montré un carnet d’adresses de ses neveux et nièces qu’il dactylographiait lui-même.

 

3 - Frère AlphonseDe plus, jusqu’à ce qu’il déménage à la maison de Laval en 2011, à chaque année pendant 28 ans, Frère Alphonse n’a pas manqué un seul rassemblement que nous organisions sur la terre familiale, le dimanche précédant la fête du Travail. C’était l’occasion, pour lui, de rencontrer tous ses frères et sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, neveux et nièces, de prendre des nouvelles de tous et chacun et de faire travailler sa mémoire, qu’il avait excellente d’ailleurs : en nous voyant, il nous saluait par notre nom, et se souvenait même de l’endroit où l’on travaillait. L’arbre généalogique, il ne l’avait pas seulement imprimé sur un papier; il l’avait aussi gravé dans son cœur.

Il y a 5 ans environ, en discutant avec lui, je lui demande s’il avait entendu ou senti un appel pour décider si jeune, qu’il vouerait sa vie à l’Église.  Il se met alors à rire et me raconte comment il a fait ce choix.

« A 13 ans, alors que je viens de terminer mon année scolaire, pâpâ compte sur moi pour travailler au champ et labourer la terre. A l’automne, je constate que je ne suis vraiment pas fait pour ce genre de travail; les études me manquent et je rêve aussi de voyager. Avec 10 $ en poche que m’a donné pâpâ, j’ai pris le train pour le juvénat et je n’ai jamais regretté mon choix ».

Je lui dis alors que finalement, ce n’était pas l’appel de Dieu, mais plutôt la pelle – p-e-l-l-e d’Amédée qui l’avait convaincu d’entrer en communauté. Il avait trouvé mon jeu de mot bien drôle. Il aimait rire et avait le sens de l’humour comme ses frères et sœurs, d’ailleurs.

Malgré son âge, il a toujours gardé un cœur jeune. Pour enseigner jusqu’à 66 ans aux jeunes du secondaire, il lui fallait conserver un cœur jeune !

Il y a quelques années, j’ai croisé un de ses directeurs d’école qui m’a raconté qu’il avait été étonné, lorsqu’il a pris la direction de l’école Les Compagnons de Cartier, de voir ce frère enseigner, encore à cet âge, les sciences au secondaire.  Lorsqu’il a vu les élèves faire la file à son bureau pour demander un changement de groupe, il a toutefois eu toute une surprise : les élèves se bousculaient pour être inscrits dans son groupe.  Frère Alphonse était un enseignant apprécié des jeunes.

En 1976, lorsque l’heure de la retraite sonne pour lui, c’est à la Villa des Jeunes de St-Augustin qu’il continue à mettre en application la décision qu’il a prise à 17 ans : être Frère au service des jeunes.

Et, probablement pour faire un clin d’œil à son père Amédée, décédé en 1973, il se transforme en grand jardinier où il fait produire d’abondance le plus beau potager de la région.  La Terre, Frère Alphonse, en a pris soin à sa façon : par ses 46 années dédiées à l’enseignement, par ses 21 années de collaboration à la Villa des Jeunes, par la prière, il a contribué à faire grandir des enfants de cette Terre.

Maintenant, cher oncle Frère Alphonse, vous avez rejoint ce Dieu  que vous avez prié pendant tout un siècle. Vous avez entrepris votre dernier grand voyage vers Celui qui fut au cœur de toute votre existence : je n’ai nul doute qu’il vous accueille maintenant à bras grand ouverts et que vous êtes récompensé pour tout ce que vous avez accompli.

Vous avez consacré votre vie au service des autres.4 - Frère Alphonse

Vous avez contribué à l’élévation des âmes humaines.

Au nom de toutes les personnes ici rassemblées, je vous en remercie.

 

Généalogiquement vôtre,
Mireille de Garie, nièce par alliance du Frère Alphonse Boutin

© Mireille de Garie et Linda Boutin

2 commentaires pour Frère Alphonse Boutin – Hommage – décédé à 101 ans et 8 mois

  1. Ce fut un très bel hommage, j’ai à nouveau les yeux dans l’eau à le relire.
    Francine Boutin

    Aimé par 1 personne

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